Tombée dedans quand j’étais petite…

18fév10

Il y a peu, en discutant avec ma maman de nos douleurs respectives (je vous interdis de vous représenter deux petites veilles tremblotantes), je lui faisais part de mon énervement face aux réactions de mon corps avec les antidouleurs. En effet, soit ils n’ont pas le moindre effet,  a part si éventuellement, j’avais en plus, une migraine, soit mon corps les rejette comme du poison, avec force  nausées parfois suivies de vomissements. Le tramadol, qui est la substance active présente dans tout les analgésiques de « type 2 » (en gros, c’est entre l’aspirine et la morphine, quoi.) est le seul antidouleur assez puissant pour avoir un effet sur mon dos.  Après avoir essayé toutes les formes possibles de la substance (gouttes, patchs, cachet a effet « retard », en passant par le comprimé fondant) je m’étais résignée à subir la douleur. (La, ça fait plutôt Caliméro, mais je ne vois pas d’autres façons de le dire.)

C’était sans compter l’intervention de ma chère maman, consommatrice d’herbe de longue date, qui me fit part de son remède, quand sa fibromyalgie lui rendait la vie trop dure. Un bon gros pétard, et l’effet décontractant musculaire aidant, elle se donnait ainsi quelques heures de répit. Dans un premier temps,  j’ai surtout été méfiante. Il faut savoir qu’étant plus jeune, a chacune de mes rares consommations de marijuana, mon corps, de façon violente et avec moult vomissements (again) me faisait comprendre que non, ma cocotte, ce truc la j’en veux pas.

Mais attends, me dit-elle ! C’est probablement la méthode d’absorption qui pose problème, alors si à la place de le fumer, tu le mangeais ? Et quelques jours après, elle sonnait à ma porte, avec un Tupperware rempli de petits biscuits, fabriqués à l’aide d’un beurre à la beuh, fait maison, des plantes amoureusement cultivées dans le jardin. Chouette, des Space-Biscuits Bio, merci maman…
Il m’a fallu plusieurs jours pour oser essayer le cadeau. Mais un soir, revenant des courses, souffrant a m’en taper la tête au mur, histoire d’avoir mal ailleurs, je me jetais a l’eau, et en mangeais  un. Après une très courte période légèrement euphorique et plutôt détendue, ce qui devait arriver, arriva. Outre une perception déformée de la réalité, l’impression de ne rien comprendre a ce qui m’entoure et la vision au ralenti, les nausées presque attendues arrivèrent en force, rendant mon état encore plus insupportable. M’endormant et me réveillant avec le tournis régulièrement, j’aurais au final dormi quasiment de 19H a Midi le lendemain. Et d’ailleurs, au réveil, je n’étais même plus capable de savoir si toute cette histoire avait soulagé mes douleurs lombaires…

Plus tard, j’appelais ma maman, histoire de lui raconter la façon dont j’avais vécu la dégustation d’un seul de ses petits gâteaux, et après un instant d’étonnement (et de plates excuses) elle finit par me dire ceci :

« Tu sais, au cours de mes trois premiers mois de grossesse, alors que je ne savais pas encore que j’étais enceinte de toi, je consommais régulièrement (entendez par là, tout les jours) de l’herbe ou du shit. Je me demande si ça ne viendrait pas de là… »

Après cette révélation, je me suis posée une question. Si il est prouvé que l’alcool consommé durant la grossesse peut porter préjudice au fœtus, voire même en cas de grosse consommation, causer  un handicap de l’enfant, et que la politique à présent est carrément de « Zéro verres d’alcool durant la grossesse », qu’en est-il du THC ?

J’ai donc effectué quelques recherches sur le sujet, et même si aucune étude ne révèle réellement des problèmes particuliers de façon certaine, il semble que la consommation de cannabis durant la grossesse peut causer, lors de la petite enfance, des troubles du sommeil, et plus tard, anxiété et dépression. D’autres sont persuadés que cette consommation  affecterait le développement cérébral se traduisant par des perturbations des fonctions cognitives. Il existe des contradictions d’une étude à l’autre, mais dans le doute, pourquoi courir le risque ?

C’est vrai quoi, si ça se trouve, mon incompréhension face aux chiffres et mon sens de l’orientation désastreux, c’est pas ma faute !



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